Sony a annoncé la sortie d’un nouveau boîtier aux performances inédites : le Sony Alpha 1. Avec ses nombreuses nouveautés et ses caractéristiques ultra haut de gamme, il risque de s’imposer comme l’un des meilleurs hybrides plein format de 2021. Pari tenu ? Comment se positionne-t-il face au Sony A9, au A7s III ou au A7R IV ? La réponse dans ce test du Sony A1 ! 

Caractéristiques du Sony Alpha 1 

La fiche technique du Sony A1 est monstrueuse. Pour encore plus détails, je vous invite à regarder la vidéo complète qui récapitule toutes les fonctionnalités qu’il propose. Dans cet article, on va se concentrer sur le test terrain pour voir ce qu’il vaut vraiment dans la pratique ! 

  • Capteur : CMOS Exmor RS plein format 35 mm de 50,1 Mpx 
  • Viseur : électronique de 9,44 millions de points 
  • Écran : OLED haute définition et tactile
  • Taille de l’écran : 7,5 cm 
  • Sensibilité ISO : 100 – 32 000 ISO
  • Stabilisation : mécanisme sur 5 axes
  • Autonomie : 430 photos avec viseur et 530 avec écran LCD 
  • Mode vidéo : 8K 30p et 4K 120p 
  • Tropicalisation : joints d’étanchéité
  • Dimensions : 128,9 mm x 96,9 mm x 80,8 mm (L x H x P) 
  • Poids : 737 g 
  • Prix : 7 300 €

Le Sony A1 peut-il vraiment remplacer le A9 ? 

Ce qui m’intrigue, c’est que Sony parvienne à fusionner le A7S III, le A9 et le A7R IV sans rien y perdre. À première vue, ça semble difficile ! Jusqu’à présent, il fallait choisir une spécialisation particulière pour un boîtier et faire quelques compromis. L’enjeu de ce A1, c’est de tout avoir. Je l’ai donc confronté à ces trois appareils pour en avoir le cœur net. 

En mode photo 

Quelques exemples de photos qu’il produit 

On note un réel progrès de la colorimétrie. Boîtier après boîtier, celle-ci a été affinée pour proposer désormais un résultat solide. Les problèmes des couleurs souvent décriés sur le A7III sont maintenant de l’histoire ancienne. 

Le capteur de 50 Mpx permet en plus de faire des crops importants dans l’image, sans perdre en qualité d’image. Mais attention, il faut avoir un objectif capable de remplir les 50 mégapixels (ils n’en sont pas tous capables !). 

C’est notamment le cas de ce FE 135 mm f1.8. Il délivre un piqué démoniaque alors qu’il faisait quasiment nuit (et je suis seulement à 1000 ISO). 

Vitesse de rafale 

L’avantage d’un capteur de 30 FPS, c’est que vous allez pouvoir choisir exactement l’image que vous voulez sur la série de rafales. Mais comme la vitesse de la rafale dépend de votre objectif, il va falloir choisir un objectif qui apparaît dans la liste assez restreinte fournie par Sony. 

La vitesse de clear du buffer a enfin été revue : avec une CFExpress Type A, fini l’enfer du A7R IV qui mettait parfois plusieurs minutes à traiter la rafale !  

Il n’y a donc aucune différence avec le Sony A9 que j’ai l’habitude d’utiliser, c’est absolument dément. Mais cette fois-ci, Sony a réussi à renouveler cet exploit sur un capteur de 50 Mpx. Et ça, ce n’est pas rien ! 

Montée en ISO 

RAW à 12 800 ISO sur Capture One (dans la future version)

Par rapport au A7R IV en haut à droite, il y a un réel gain d’environ un stop d’ISO. Ce n’est pas aussi clean que peut l’être un A7S III, mais ça aurait été un miracle. En bas à droite, j’ai mis le Canon R5 juste en référence. De plus, le débouchage des ombres reste une force chez Sony. 

Évolution du rolling shutter 

Les promesses de Sony sont tenues, on est vraiment sur les meilleures performances du marché. C’est quasiment impossible de voir de la distorsion due au rolling shutter. Par rapport au Sony A7R IV, l’évolution est époustouflante. 

A7R IV

Voici la photo obtenue sur un ventilateur qui tourne à pleine vitesse avec le A7R IV en obturateur électronique. 

A9

En prenant la même photo avec un Sony A9, la pale est à peine déformée. 

A1

Avec le A1, il n’y a plus aucune déformation. On passe du pire rolling shutter au meilleur ! 

Banding 

Le banding, c’est un problème de scintillement dû à un mauvais éclairage. C’était un gros défaut sur le A9, mais je n’ai absolument pas rencontré ce problème sur le A1 (même en le testant dans les pires conditions possibles). 

Comme le rolling shutter est supérieur aux fréquences de scintillement qu’on peut trouver dans la vie réelle, c’est presque impossible d’avoir du banding. Et comme c’est un problème propre à l’obturateur électronique, vous allez maintenant pouvoir l’utiliser sans avoir besoin de passer en obturateur mécanique. 

Système autofocus 

Comme l’autofocus du A7R IV était loin d’être aussi réactif que celui du A9, j’étais un peu sceptique avant de tester le Sony Alpha 1. Désormais, plus aucun doute à avoir ! 

Le tracking et la mise au point sont d’une précision incroyable. Même en suivant un oiseau en plein vol, tout est fluide. L’autofocus est aussi fiable que sur un A9. Sachez simplement que la détection des yeux est moins efficace sur les oiseaux, mais c’est vraiment un détail. En plus, la possibilité de faire 30 i/s en rafale vous permet de choisir exactement le moment voulu sur une série de photos, sans craindre qu’il y en ait une de floue. 

Pour moi, il peut remplacer à 100 % un Sony A9. Il n’y a aucune limitation, sauf au niveau de la détection des yeux des oiseaux (mais elle fonctionne sur les canards, allez savoir pourquoi). 

Viseur 

Il s’agit du même viseur que sur le A7S III, un viseur de 9 Mpx aussi qualitatif que sur un reflex. Pas de black-out, pas de lag, déclenchement sans bruit… Il n’y a vraiment rien à lui reprocher ! Ce détail montre bien à quel point les hybrides ont évolué. 

En mode vidéo 

Le Sony A1 sera-t-il à la hauteur du A7S III pour la partie vidéo ? Ce n’est pas une mince affaire de relever ce défi, d’autant plus que ce A7SIII possède un capteur de 12 Mpx (le seul compromis qui a été fait pour obtenir l’appareil photo ultime). Je ne vois pas trop comment le A1 va réussir à faire mieux…

Rolling Shutter 

Quelle que soit la cadence d’images en 4K, j’ai mesuré le rolling shutter à 1/105 s. C’est à peine moins bien qu’un A7s3 que j’ai mesuré a 1/115s. Un résultat plutôt surprenant quand on se souvient que le A7RIV est le pire de la classe avec 1/25s ! Une belle évolution pour ce Sony A1. 

En plus, il inaugure la 8K 25fps 4:2:0 10 bit en Long Gop. Le rolling shutter est donc bien plus prononcé en 8K (1/56s contre 1/62s sur un Canon R5), et il n’y a pas de ALL-INTRA comme sur le Canon R5.

Comparaison de la qualité de 4K A1 et du A7S III 

Ces deux boîtiers délivrent tous deux la même qualité de 4K. Pour moi, c’est impossible de les distinguer. Il n’y a qu’avec la couleur du ciel bleu qu’on peut distinguer une dynamique légèrement supérieure sur le A1. 

Là où l’écart commence à se faire entre le A1 et le A7SIII, c’est autour de ISO 12 800. Le A7SIII garde l’avantage avec un stop de gain. Jusqu’à ISO 6400, le A1 tient le coup. Mais au-delà, c’est le A7S III qui reprend le dessus. 

En effet, la montée en ISO du A1 s’arrête à ISO 32 000 alors que le A7SIII peut aller jusqu’à 102 400 ISO. Sur ce point, il y a donc une vraie différence entre le A1 et le A7S III. C’est pas pour rien que le A7S III est présenté comme l’appareil photo qui voit dans le noir ! 

Pour autant, un capteur de 50 Mpx qui arrive à tenir les performances du A7S III en vidéo, ce n’est pas rien ! 

J’ai également tenté quelques comparaisons entre la 8K du Sony A1 et celle du Canon R5. Résultat, la différence était très difficile à voir. Entre 4:2:2 et 4:2:0, il faut vraiment filmer des sujets très particuliers pour qu’elle soit réellement visible. Le plus important, c’est finalement de proposer du 10 bits (et c’est le cas). 

Surchauffe 

Sur ce Sony A1, vous n’avez pas la limitation des 30 minutes d’enregistrement. Vous pouvez continuer à filmer jusqu’à ce que le stockage soit plein. Je l’ai testé en 8K en le faisant travailler à plein régime sur la détection des yeux et l’autofocus, et je n’ai eu aucun témoin de surchauffe pendant 1h34 (après, le stockage était plein). 

Et si vous avez vraiment le voyant qui s’allume (c’était mon cas après avoir filmé pendant une nuit entière), il vous suffit d’éteindre l’appareil pendant 2 minutes. Ensuite, vous pouvez automatiquement réenregistrer pendant une longue période. 

Alors attention, je ne dis pas que la surchauffe est impossible, surtout en extérieur ou en été ! Il n’y a simplement pas les problèmes de surchauffe qu’on peut rencontrer sur le Canon R5. 

Autonomie

Rien à dire sur ce point, l’autonomie est excellente. Vous n’aurez aucune limite de temps, même en filmant. 

Stabilisation

Je l’ai testée en faisant un vlog à main levée. Le A7SIII et le A1 sont très similaires, mais j’ai vu un léger mieux sur la stabilisation du A1. Pour autant, le A7SIII garde quand même un intérêt grâce à son écran sur rotule. 

Finalement, la partie vidéo est surprenante tant les performances sont proches d’un A7s3. Mais ce n’est pas comme en mode photo où le A1 fait mieux que le A7RIV ou le A9. Ici, le A7SIII garde l’avantage avec une meilleure montée en ISO, une capacité de voir dans le noir à plus de 100 000 ISO et un écran sur rotule. 

Les nouveautés que j’apprécie sur le Sony A1 

Le Sony Alpha 1 inaugure plusieurs nouvelles fonctionnalités très utiles : 

  • Il existe maintenant un bouton qui permet de sélectionner la détection des yeux oiseaux, humains ou animaux pour passer plus facilement d’un sujet à un autre. 
  • La possibilité de changer le type de collimateur avec la roulette. 
  • Les nouveaux menus tactiles bien organisés. 
  • La dissociation du menu photo et vidéo. 
  • L’ajout d’un format RAW compressé sans perte. 
  • La présence d’un rideau d’obturation qui se ferme pour protéger le capteur et éviter les taches. 
  • Une autonomie bluffante. 

Ce qu’il manque sur le Sony A1 

Comme le boîtier parfait n’existe pas, il faut bien que ce A1 possède quelques défauts. Voici tout ce qui pourrait être amélioré : 

  • La possibilité de faire des RAW plus petits (20 Mpx plutôt que 50 Mpx notamment) ; 
  • L’ajout du focus bracketing et d’un TimeLapse intégré ;
  • L’écran mériterait d’être plus grand et sur rotule pour l’incliner en mode portrait. 

Le prix peut également être discutable. 7 300 €, c’est tout de même un certain positionnement face au Canon 1DX Mark III ou au Nikon D6. Ce budget rendrait même le Canon R5 presque plus accessible ! Mais ce prix est tout de même largement justifié, il ne faut pas l’oublier. Le plus gros point faible du Sony A1, c’est finalement son écran. 

Mon avis sur le Sony Alpha 1 

Sony a frappé un grand coup avec ce nouvel hybride plein format : capteur de 50 Mpx, meilleur rolling shutter que le A9, pas de banding, obturateur électronique compatible avec le flash, meilleure montée en ISO, performances vidéos proche du A7SIII… Difficile de faire mieux ! Alors si vous avez le budget, je ne peux que vous le conseiller. 

À vous de me donner votre avis sur ce boîtier ! Et pour soutenir mon travail, n’hésitez pas à utiliser mon lien affilié pour acheter le Sony A1.