Sony vient tout juste de dévoiler la sortie du futur A7 IV, un boîtier très attendu qui vient compléter la génération actuelle d’hybrides plein format généralistes. Avec son prix et ses performances, il va forcément être comparé au Canon R6 et au Nikon Z6 II, deux appareils sortis il y a plus d’un an. Avant d’attaquer un test complet de ce nouveau boîtier, partons sur une présentation du Sony A7 IV : nouveautés, forces et faiblesses par rapport aux propositions de Canon et Nikon, spécifications techniques… On va voir ce qui déchire, et ce qui brille un peu moins ! 

Présentation du boîtier  

Aucune surprise au niveau du boîtier du A7 IV, on retrouve tout ce dont on a l’habitude chez Sony : 

  • Un grip agréable,
  • Un joystick retravaillé,
  • Des boutons nombreux et bien placés,
  • Un viseur renouvelé, avec une haute résolution et un rafraîchissement de 120 i/s (la visée se rapproche de ce qu’on trouve sur un reflex), 
  • Deux ports SD, mais seul le premier accepte à la fois une carte SD et une CF Express type A (le deuxième port SD accepte uniquement les cartes SD), 
  • De nouveaux menus ergonomiques et tactiles, 
  • Un écran sur rotule (enfin !), mais qui reste un peu petit, pas ultra lumineux, et avec un tactile qui manque de réactivité… Je ne comprends pas vraiment pourquoi Sony ne fait pas évoluer son écran. 🧐

Au niveau de la prise en main, elle est identique aux Sony Alpha 1 et A7S III. Aucun risque de se tromper, c’est une ergonomie qui a été unanimement plébiscitée ! 

Bref, on est vraiment sur un boîtier arrivé à maturité, Sony a trouvé ce qui fonctionne (sauf l’écran peut-être !). 

Les nouveautés du Sony A7 IV 

Le Sony A7 IV introduit quand même plusieurs nouveautés, dont certaines qui étaient très attendues par le public ! 

Une sous molette pour la photo et la vidéo 

Une nouvelle molette permet de gérer indépendamment le mode photo et vidéo. Vous pouvez maintenant avoir les modes personnalisés 1-2-3 à la fois en photo et en vidéo. Et ça change tout ! 

Même chose pour les modes PASM. Avant il fallait passer par les menus pour changer le mode d’exposition. Maintenant, il suffit de passer en mode vidéo avec la molette pour choisir l’exposition qui s’appliquera aussi en vidéo. 

C’est un gain de temps considérable, et une ergonomie bien meilleure que tout ce que Sony avait pu proposer auparavant. 

Une molette de correction d’exposition 

La molette de correction d’exposition a perdu ses inscriptions. Elle est donc devenue entièrement configurable, et même verrouillable. Si vous ne voulez pas la correction d’exposition, vous pouvez aussi lui attribuer une autre fonction. Encore un point en plus pour l’ergonomie Sony ! 

Des outils utiles en vidéo 

Sony a ajouté deux nouveaux outils très appréciables en vidéo : 

  • Le focus mapping : c’est une représentation de la profondeur de champ en couleur qui permet de trouver la bonne mise au point si vous êtes en mise au point manuelle. 
  • La correction dynamique du focus-breathing : c’est la compensation dynamique du focus breathing directement à l’intérieur du firmware. Les derniers objectifs GM étant plus compacts, mais aussi plus sensibles au focus-breathing, Sony a trouvé cette solution).  

Focus mapping

Un capteur couvert 

Une nouveauté que j’attendais impatiemment… Le capteur couvert qui empêche les poussières et les tâches de capteur ! C’est une exclusivité du Sony A1, même le A7SIII ne le propose pas. 

Un mode Webcam 

Ce Sony A7 IV propose une autre fonctionnalité bien sympa : le mode webcam. Dès que vous le branchez sur votre ordinateur en USB, vous avez une caméra haute qualité ! Et ça fonctionne instantanément, pas besoin d’installer un logiciel. Pour de la visioconférence ou du streaming, c’est vraiment l’idéal. 

La colorimétrie Sony 

Vous allez retrouver la colorimétrie du Sony A1. Pour moi, c’est une référence. Si vous n’êtes pas conscient du progrès de Sony en matière de couleur, n’hésitez pas à regarder ma vidéo sur l’évolution de Sony depuis 2018. Ils ont bossé très dur, et ça se voit sur les derniers boîtiers ! 

Un capteur de 33 Mégapixels 

Sur la partie photo, on retrouve un capteur rétroéclairé de 33 millions de pixels, avec les deux CPU issus du Sony Alpha 1 et du A7S III. Bref, c’est une puissance de traitement de dingue ! Avec une grosse dynamique de plus de 15 stops et des chiffres ISO incroyables (102 000 ISO en vidéo et 204 000 ISO en photo), c’est un appareil qui voit dans le noir. Et évidemment, le capteur est stabilisé (la même stabilisation que sur le A7S III, avec en plus une stabilisation numérique). 

Alors évidemment, tout ça reste à tester, mais c’est prometteur ! 

Le choix d’un capteur de 33 Mpx reste très judicieux de la part de Sony. Pour moi, c’est le compromis idéal entre la résolution de base (aujourd’hui de 24 Mpx) et la très haute résolution de 45 Mpx. Maintenant, vous avez un juste milieu ! Résultat, vous allez avoir plus de détails sur vos photos, mais surtout un pouvoir de recadrage plus important. 

Et parfois, le fait de pouvoir recadrer sans perdre en qualité, ça permet d’accepter de partir avec des focales plus courtes, mais plus légères ! Vous pouvez passer en mode APS-C et vous avez toujours plus de 14 Mpx, ce qui est plus que le Sony A7S III. Un vrai avantage ! 

Une vitesse de rafale limitée à 10 FPS  

Sur ce point, Sony est un peu à la traîne… Une rafale de 10 FPS peut être jugée insuffisante en 2021. En effet, Canon propose aujourd’hui quasiment le double, et même Nikon offre du 14 i/s. 

Mais là où Sony se distingue, c’est avec sa taille de buffer (entre 800 et 1 000 RAW). C’est presque un buffer illimité ! Ça montre bien qu’il ne faut pas se fier uniquement à ce qu’indique la fiche de spécifications. Nikon a beau annoncer 14 i/s, il va quand même y avoir un taux de déchets très important. Sans compter l’autofocus qui doit suivre ! 

Et d’après les premiers tests du Sony A7 IV, l’autofocus suit très bien. Le taux de réussite est aux alentours des 95 %, donc ça fait très bien le job malgré les 10 i/s. 

Un mode vidéo ultra compétitif  

Les caractéristiques vidéo du Sony A7 IV sont juste incroyables : 4K 30 FPS, 4K 60 FPS (avec crop super 35), 4:2:2 10 bits, oversampling à partir de la 7K, H.264, H.265, ALL INTRA, S-Log 3… Et tout ça en interne, sans surchauffe et sans limite de temps d’enregistrement ! C’est l’inverse du Canon R6 qui va s’arrêter au bout de 30 minutes. 

Ce Sony A7 IV est un vrai monstre en vidéo, vous allez pouvoir filmer toute la journée et profiter d’une 4K de très haute qualité. La seule chose qu’il n’a pas, c’est le RAW en vidéo (même en externe). C’est vraiment une exclusivité du Nikon Z6 II. 

Le rolling shutter qui pouvait être problématique sur le A7III est meilleur, mais on s’attendait peut-être à un peu mieux sur ce point ! 

Autre avantage de ce Sony A7 IV : il possède une prise full HDMI, bien plus fiable qu’une micro HDMI. La présence du Cinetone est aussi un gros plus ! C’est un profil de couleurs ultra populaire issu des caméras de cinéma Sony. Enfin, la griffe multifonctions vous permet de mettre un micro sans alimentation et sans câble. 

Et sans parler de tout ce qui ne se voit pas forcément dans les spécificités techniques, mais qui se ressent au quotidien. 

Pour la petite histoire : j’ai utilisé pendant un moment le Canon R6, mais je l’ai trouvé assez peu configurable. Toutes les vidéos sont en 8 bits (sauf si vous passez en C-Log, mais dans ce cas, la dynamique sera un peu juste), et tout se fait manuellement. Pour moi, toutes ces limites finissent par être un peu pénibles. 

Avec le A7 IV, vous avez une énorme flexibilité : tout est paramétrable, sans aucune limitation ! Vous avez par exemple tous les modes d’exposition, y compris le mode A et le mode S. Pour moi, c’est un appareil qui vous enlève énormément de prise de tête quand vous filmez.

Un système autofocus ultra réactif 

Sony n’a plus rien à prouver et propose ce qui se fait de mieux. L’autofocus est fiable et le tracking est incroyable, il ne lâche jamais. C’est vraiment mon autofocus préféré sur le marché des hybrides. 

Vous avez également la détection des yeux des humains, des animaux et même des oiseaux ! C’est encore plus puissant qu’un A7S III qui ne détecte pas les yeux des oiseaux. Et bien sûr, tout ça fonctionne aussi bien en photo qu’en vidéo. 

Présence de 759 collimateurs qui couvrent 92 % de la surface du capteur.

Sony frappe vraiment fort ! Le constructeur partage son meilleur autofocus, sur un boîtier beaucoup moins cher. 

Une excellente autonomie 

Sur les hybrides, l’autonomie est un vrai sujet de discussion : 

  • le Canon R6 propose 380 photos d’autonomie 
  • le Nikon Z6 II 310 photos 
  • et le Sony A7 IV… 610 photos ! 

C’est magistral ! Au quotidien, c’est vraiment agréable de travailler avec une telle autonomie. Plus besoin de se soucier de prendre une deuxième batterie, ou de stresser si la batterie se décharge en un rien de temps, celle-ci tient la route. Pour moi, ça vaut tout l’or du monde ! 

Le prix du Sony A7 IV : pas si excessif que ça ! 

Allez, il est temps de parler de ce qui fait mal… Le prix ! À sa sortie début décembre, le Sony A7 IV est annoncé à 2 799 €. Eh oui, ça pique ! Au total, ça fait quand même 300 € d’écart avec le Canon R6, et 600 € avec le Nikon Z6 II.    

Mais selon moi, ce Sony A7 IV vaut largement cet écart. Il ne faut pas penser seulement à l’achat de l’appareil, mais aussi à toute la gamme d’objectifs qu’il y a derrière. Après tout, ce sont les objectifs qui font l’image ! 

Et Sony a un avantage incroyable par rapport à Canon et Nikon : les boîtiers sont compatibles avec une gamme d’objectifs Sigma et Tamron. L’offre est absolument dingue ! Ce sont des objectifs qualitatifs, à des prix intéressants, et avec un marché de l’occasion vigoureux. 

Alors certes, le prix du boîtier fait mal. Mais vous allez largement vous y retrouver avec les objectifs ! Alors que chez Canon ou Nikon, il faut accepter les prix très haut de gamme des objectifs constructeurs. C’est peut-être même une stratégie de leur part : attirer des clients par l’achat d’un appareil plus accessible, et marger sur les objectifs car ils savent que c’est eux ou rien ! 

Avec Sony, c’est l’inverse. Le boîtier est plus cher, mais le public peut trouver des équivalents d’objectifs Sony pour deux fois moins cher. 

Bref, il ne faut pas s’arrêter uniquement au prix du boîtier et il faut analyser tout ça dans un ensemble ! Le prix des objectifs doit aussi être pris en compte.

Quelles différences entre le Sony A7 IV, le Canon R6 et le Nikon Z6 II ? 

Évidemment, les écarts de prix sont assez conséquents entre ces boîtiers. Ce sont des appareils concurrents, mais qui ne répondent pas tout à fait aux mêmes besoins. Je vous explique ! 

Nikon Z6 II, un prix agressif 

Pour moi, Nikon a un retard technologique. Ils le savent, mais ils compensent avec un prix ultra agressif ! Résultats, les appareils Nikon sont ceux avec le meilleur rapport qualité/prix du marché. 

Leur atout maître, c’est la vidéo avec le format RAW (V-Raw ou Pro-S-Raw). Ce sont d’excellents boîtiers, mais d’une génération en dessous des Sony ou Canon. 

Canon R6, une vitesse de rafale inédite 

Canon a fait des choix opposés à Sony. Finalement, ça ne va pas être si difficile de choisir entre les deux puisqu’ils ne sont pas du tout pareils. 

Avec le R6, Canon a préféré vous proposer une vitesse de rafale ultra rapide (12 ou 20 i/s) et une 4K 60 FPS sans crop. Mais comme toujours, il y a un revers de la médaille ! La définition de 20 Mpx du capteur vous permet d’avoir aucun crop, mais vous avez aussi d’énormes problèmes de surchauffe en vidéo. Résultat, vous n’avez pas vraiment le choix que de l’associer à un moniteur externe. 

Au niveau de la prise en main, le Canon R6 est également très agréable. Je ne vais pas vous mentir, pour moi c’est la référence. L’écran LCD est aussi bien plus grand et sympa que le Sony : plus lumineux et avec un tactile aussi bon que sur un smartphone. 

J’ai longtemps travaillé avec ce Canon R6, mais c’est un boîtier qui a fini par me frustrer et je l’ai remplacé par un Sony. Pourquoi ? Trop de surchauffe et des petites limitations à droite à gauche. Au début, ça ne se remarque pas, mais ça finit par faire toute la différence sur une utilisation quotidienne. 

Rien n’est tout noir ou tout blanc !

Sony A7 IV, une concession sur la définition du capteur 

Sony a décidé de faire une concession sur le capteur en proposant une définition de 33 Mpx. Les photographes qui veulent un maximum de détails vont être ravis ! En contrepartie, la vitesse de rafale n’est pas foudroyante. En vidéo, il faudra aussi accepter un crop super 35 en 4K 60 FPS. Et surtout, un prix qui fait un peu mal ! Mais comme je vous l’expliquais plus haut, il ne faut pas oublier de prendre en compte l’achat des objectifs. Ça peut faire toute la différence ! 

Finalement, aucun de ces trois boîtiers ne va faire l’unanimité. Ils ont tous des compromis. Pour réussir à choisir, il faut savoir quelle est votre priorité : 

  • le Sony A7 IV si vous cherchez l’appareil le plus puissant, 
  • le Nikon Z6 II si votre priorité c’est le budget, 
  • le Canon R6 si vous shootez souvent en rafale. 

De mon côté, je pourrais bosser à 100 % avec le Sony A7 IV comme boîtier principal. Avec le R6 ou le Z6 II, ma vie serait beaucoup plus compliquée ! 

À retenir sur le nouveau Sony A7 IV 

Le positionnement du A7 IV est assez différent de l’ancien A7 III. Sony le présente comme un modèle basique, mais il n’a rien de basique ! C’est un appareil photo haut de gamme que je place bien au-dessus d’un Canon R6 ou d’un Nikon Z6 II. 

Sony a fait le pari de 33 Mpx et c’est pour moi une idée de génie. Dans les années à venir, ça risque de devenir la résolution de base. Bref, Sony n’a pas fait de rétention de technologie, et c’est un boîtier taillé pour bien vieillir. Dans 5 ans, je suis prêt à parier qu’il sera toujours dans le coup ! 

Pour encore plus d’actus et de conseils autour des hybrides Sony, n’hésitez pas à rejoindre la communauté d’entraide Sony sur le groupe Facebook. 

Et si vous craquez pour le Sony A7 IV, une masterclass va bientôt arriver !