Après le comparatif du Sony A7 IV face au Canon R6 et au Nikon Z6 II, il est temps de passer au test complet ! Mais attention, ce n’est pas un test classique comme j’ai l’habitude d’en proposer ici. Pour la petite histoire, je n’ai pas réussi à convaincre Sony France de me faire participer au lancement de ce nouveau Sony A7 IV (si vous les croisez, n’hésitez pas à leur parler de mon travail, ça fera peut-être avancer la situation !). Malgré tout, j’ai décidé de vous proposer un nouveau format : la revue de presse. En quoi ça consiste ? J’ai simplement regardé plus de 40 vidéos de test du Sony A7 IV en anglais, et j’ai isolé les passages intéressants. 

Dans cet article, je vais donc citer : DPReview, Jared Polin, Jason Vong, Gerald Undone, Matti Haapoja, Guillaume Ruchon (test le plus complet du A7 IV dispo en français), Dan Watson, Kai W, et tant d’autres !

Les caractéristiques du Sony A7 IV 

Commençons par un classique, la fiche technique du Sony A7 IV : 

  • Capteur : Plein format rétroéclairé de 33 Mpx 
  • Stabilisation : Mécanique 
  • Viseur : Électronique 1,3 cm 
  • Écran : LCD tactile, sur rotule, 1 036 800 points 
  • Taille de l’écran : 7,5 cm 
  • Sensibilité ISO : 100 – 51200 ISO 
  • Mode vidéo : 4K 60 fps, 10 bits 4:2:2 
  • Dimensions : 96 x 131 x 79 mm 
  • Poids : 658 g 
  • Prix : 2 799 €  

Un modèle de pré-production 

Dans sa vidéo, Jared Polin explique que le boîtier fourni par Sony pour faire les tests est un modèle de pré-production. Son firmware est en plus très instable, avec beaucoup de bugs. Pour lui, on ne peut pas faire un test complet avec ce genre de boîtiers. 

Morale de l’histoire : il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives puisque le boîtier testé n’est pas encore finalisé. À garder en tête au fil de cet article ! 

Le Sony A7 IV : une base de Sony A7S III 

Pour Gerald Undone, le Sony A7 IV est un peu comme une base du Sony A7S III. Le boîtier et l’ergonomie sont quasiment identiques. Ce qui change, c’est : 

  • Le capteur de 33 Mpx (contre 12 Mpx sur le A7S III) 
  • L’autofocus du Sony A1
  • La colorimétrie du Sony A1 
  • Les améliorations ergonomiques comme la double molette photo/vidéo 
  • Et surtout, le prix (1 400 € de moins que le A7S III et 4 500 € de moins que le Sony A1) ! 

Colorimétrie du Sony A7 IV vs Sony A7S III 

La différence est nettement visible, on est vraiment sur un boîtier avec la dernière colorimétrie disponible chez Sony (celle du Alpha 1).

Résumé des points forts du Sony A7 IV 

L’évolution du viseur 

Contrairement à l’écran qui n’a pas vraiment évolué (la résolution et le tactile ne sont pas dingues), le viseur a bien été amélioré. Avant, il ne faisait que 2,36 millions de points, alors qu’il en fait maintenant 3,66 millions. En plus, tout le monde dit que c’est un viseur vraiment costaud !

Une nouvelle balance des blancs  

Avec ce Sony A7 IV, c’est exactement comme avec le Sony A1 : vous avez un détecteur infrarouge qui vous donne la balance des blancs la plus juste possible, aussi bien en photo qu’en vidéo. C’est un vrai plus ! 

Le crop avec un capteur de 33 Mpx 

Un capteur de 33 millions de pixels vous permet de recadrer vos photos tout en gardant plus de mégapixels qu’avec un Sony A7S III : 

  • Un 100 mm devient un 150 mm 
  • Un 400 mm devient un 600 mm 

C’est vraiment énorme ! Ça vous permet notamment de prendre un objectif 100-400 mm et de faire des photos avec un équivalent 600 mm, tout en gardant des photos de 14 mpx. 

La taille des RAW 

Ce Sony A7 IV est l’un des premiers boîtiers avec une compression sans perte des fichiers RAW : 

  • RAW de 67 Mo non compressé 
  • RAW de 39 Mo compressé 
  • 35 Mo pour un RAW compressé avec perte 

Ça ne coûte rien en stockage, alors pourquoi s’en priver ? 

Les ISO natifs 

Sur ce Sony A7 IV, les ISO natifs s’arrêtent à 51200 ISO. Au-delà, ce sont des ISO étendus (donc beaucoup moins intéressants). C’est déjà énorme d’avoir un ISO natif à 51 millions, mais on peut quand même se demander si ça sera suffisant sur un capteur de 33 Mpx. 

Dans sa vidéo, Manny Ortiz a comparé les photos du A7 III face au A7 IV. Résultats ? Il y a beaucoup moins de bruit que sur le A7 III et les détails dans les cheveux sont plus marqués. Dan Watson en arrive aux mêmes conclusions lorsqu’il filme à l’intérieur de sa voiture. Le résultat est très propre jusqu’à 12 800 ISO, avec très peu de dérives colorimétriques.  

Comparaison de Manny Ortiz

Analyse de la gestion du bruit par Dan Watson, 6400 ISO 

C’est quand même une petite prouesse d’être passé d’un capteur de 23 Mpx à 33 Mpx sans perdre en dynamique, en ISO et en détail. 

L’autofocus infaillible 

Tout le monde est d’accord : l’autofocus du Sony A7 IV ressemble au Sony A1. Il trouve très vite les sujets (bien plus que le Sony A7III), il n’y a aucun pompage et la détection des yeux fonctionne à merveille. C’est absolument parfait ! Il y a même la détection des oiseaux comme sur le A1, sauf que c’est le seul à l’avoir aussi en vidéo. Mais attention, ce n’est pas toujours aussi rapide que sur le Sony A1. En revanche, aucune différence avec le Canon R6. 

Sony n’a pas fait de rétention de technologie sur ce A7 IV et c’est appréciable ! 

La meilleure 4K de chez Sony 

Vous avez une 4K 25 FPS sans crop, mais dès que vous passez en 60 FPS, la cadre change et il y a un crop de 1,5. En revanche, tout le monde est unanime : il n’y a aucun problème de surchauffe, aussi bien en 4K 25 FPS qu’en 4K 60 FPS. Si vous sortez l’écran pour éviter que la chaleur s’accumule, vous n’aurez aucune surchauffe. 

La seule limite, c’est la batterie. Elle s’arrête au bout de 2h20 de vidéo (que ce soit en 25 FPS ou en 60 FPS). 

En termes de qualité, Gerald Undone précise que c’est la meilleure qualité de 4K disponible à ce jour chez Sony. Oui, oui, tous boîtiers confondus, y compris le A1 et le A7S III ! Pas de surchauffe, aucune limite de temps d’enregistrement, dynamique de 12,8 stops… Du très bon boulot. 

Test de la dynamique par Guillaume Ruchon

Dans son test, Guillaume Ruchon filme la même scène avec le A7 IV et le A7 III et on voit nettement la différence. Il y a beaucoup plus de couleurs et de détails sur le Sony A7 IV. 

L’évolution du bruit sur le Sony A7 IV 

Gerald Undone s’est également penché sur l’évolution du bruit en fonction de la montée en ISO. Il s’est aperçu qu’à 3200 ISO, le bruit devient beaucoup plus clean grâce au dual ISO. Cette option dual ISO est d’ailleurs beaucoup plus utilisable que sur le A7S III. Le Sony A7 IV est donc parfaitement utilisable jusqu’à 25 600 ISO. Une bonne nouvelle qui devrait ravir tout le monde ! 

Le focus-breathing 

Ce défaut est énormément reproché à Sony, surtout sur tous leurs derniers objectifs de la gamme GM. Le focus-breathing, c’est le fait d’avoir l’impression que vous zoomez pendant que vous faites le focus devant ou derrière (alors que vous êtes pourtant sur une focale fixe). 

Heureusement, Sony a trouvé une solution judicieuse pour faire des objectifs compacts tout en corrigeant ce défaut : la compensation du focus-breathing via logiciel. Dès qu’elle est activée, il n’y a plus rien qui bouge !

L’inconvénient, c’est que cette option est disponible uniquement sur les optiques Sony. Si vous utilisez un objectif Tamron ou Sigma, ça ne fonctionnera pas… 

La stabilisation 

La stabilisation du Sony A7 IV fonctionne très bien, même si c’est loin d’être la stabilisation offerte par Canon. Vous pouvez tout de même profiter de trois niveaux de stabilisation : 

  1. La stabilisation mécanique 
  2. La stabilisation numérique 
  3. La stabilisation en post-traitement (unanimement jugée comme le meilleur niveau de stabilisation) 

En bref, plein d’options s’offrent à vous pour vous permettre d’obtenir d’excellents résultats. 

L’anti-scintillement 

L’anti-scintillement, c’est la possibilité d’utiliser une vitesse d’obturation très précise sans problème de scintillement. Très utile dans les salles de sport ou les gymnases !

Le mode webcam 

Le Sony A7 IV peut se brancher directement sur votre ordinateur, sans aucun logiciel de configuration. Et ça fonctionne tout de suite ! Malheureusement, la webcam n’est pas compatible avec la 4K. Comme la 4K est limitée à 15 i/s, l’image serait saccadée. Vous êtes donc limités en 1080p, mais ça fonctionne très bien. C’est tout ce qui compte !

La fonction Create Divider Frame 

Cette fonction ne concerne pas tout le monde, mais pour ma part, elle va me changer la vie ! Lorsque vous faites des bracketing ou des rafales, vous allez vous retrouver avec une série de photos qu’il faudrait pouvoir séparer visuellement dans Lightroom. 

Sony a donc intégré une nouvelle fonction : les photos séparatrices (en français, ça sonne tout de suite moins bien que Create Divider Frame). Vos photos vont avoir des formes géométriques et vous allez pouvoir attribuer la création d’une image en forme de flèche. Résultat ? Vos photos seront directement séparées quand vous arrivez dans Lightroom. Pour moi, ça change tout ! 

Les points faibles du Sony A7 IV 

Pas de capteur empilé sur le Sony A7 IV 

DPReview revient sur un concept qui est très important à comprendre avec ce A7 IV : il n’y a pas de capteur empilé comme sur le Sony Alpha 1. 

Un capteur empilé, c’est une technologie pour les appareils photo de sport qui leur permet d’aller très vite. Vous avez toute la puissance que vous voulez en termes de carte SD et de technologie, contrairement au capteur rétroéclairé qui reste le standard sur le marché. 

Ce capteur empilé reste donc une exclusivité du Sony A9, A1 ou du Canon R3.

Un obturateur bruyant 

Un point qui est revenu souvent dans les tests : le bruit de l’obturateur est très fort. Ce n’est pas du tout feutré comme sur un Sony A1. 

Une rafale trop lente 

La rafale de 10 i/s a été beaucoup décriée, et à juste titre ! C’est vraiment trop lent, surtout que ça ne fonctionne qu’en RAW compressé avec perte. Si vous décidez de faire une rafale en RAW non compressé ou en RAW compressé sans perte, votre rafale sera de 6 i/s. Un peu dommage… 

Un buffer illimité seulement avec une CF-Express type A 

Comme on peut tout faire avec une carte SD classique, je m’interrogeais sur l’utilité d’acheter une CF-Express type A sur le Sony A7 IV. Maintenant j’ai compris ! Dans sa vidéo, Dan Watson montre qu’avec une carte SD, le buffer est limité à 25 photos alors que Sony annonce un buffer quasiment illimité d’environ 800 photos. Et effectivement, un buffer de 25 images, c’est vraiment léger. 

Pour profiter de ce buffer de 800 photos, vous n’avez donc pas le choix : il faut utiliser une carte CF-Express type A. 

Un rolling-shutter mal géré 

Le rolling-shutter, c’est ce phénomène qui déforme les lignes durant une photographie en mouvement si vous êtes en obturateur électronique. Si vous utilisez l’obturateur mécanique, vous n’aurez pas ce problème. 

Exemple de rolling shutter

Sur le Sony A7 IV, le rolling shutter a été mesuré à 1/15 de seconde, 1/40 en 25p et 1/80 en 60p. Sans se mentir, c’est vraiment pas terrible ! C’est même ce qui se fait de moins bien sur le marché. Pour info, il est mesuré à 1/200 sur le Sony A1. 

Bref, ce Sony A7 IV ne brille pas pour son rolling-shutter. Il vaut donc mieux utiliser l’obturateur mécanique pour ne pas être embêté. Le seul intérêt d’utiliser l’obturateur électronique, c’est d’être silencieux (pour faire des photos dans une église par exemple). 

Donc soyez rassuré, votre A9 ou A9 II n’est pas dépassé ! L’obturateur électronique n’est pas du tout comparable avec celui du A7 IV. 

Un objectif de kit peu performant  

Ce Sony A7 IV est vendu en kit avec le FE 28-70mm, un objectif très décrié sur les capteurs 24 Mpx. Autant dire que les performances risquent d’être encore pire sur ce Sony A7 IV ! Je vous conseille plutôt d’acheter le Sony A7 IV nu, sans objectif de kit.  

 Et voilà, j’espère que ce résumé de tous les tests du Sony A7 IV vous aura été utile ! Dites-moi en commentaire si vous pensez craquer pour ce nouvel hybride plein format. 🔥