Jusqu’à présent, il n’y avait que 3 options pour s’équiper d’un téléobjectif en monture Sony : le 200-600 f5.6-f6.3 G OSS, le 100-400 f4.5-f5.6 et le Sigma 100-400 F5-F6.3 DG DN. Alors forcément, quand Tamron annonce un 150-500 mm compact et abordable, c’est un excellent compromis ! Plus besoin de prévoir un sac immense ou de casser son budget. Est-ce que Tamron a fait les bons choix ? Que vaut réellement cet objectif une fois sur le terrain ? On voit ça ensemble dans le test du Tamron 150-500mm f5-6.7. 

 

Les caractéristiques du Tamron 150-500 mm f5-6.7 

Si on se fie uniquement à sa fiche technique, les résultats sont prometteurs : 

  • Type de monture : Sony E 
  • Dimensions : 93 x 209 mm (diamètre x longueur) 
  • Poids : 1 725 g (+155 g avec le collier de pied) 
  • Ouverture maximale : f5-6.7
  • Ouverture minimale : f22-32
  • Construction optique : 25 éléments répartis en 16 groupes 
  • Rapport de reproduction : 0,32x à 150 mm/0,27x à 500 mm
  • Distance de mise au point minimale : 0,6 m à 150 mm/1,8 m à 500 mm 
  • Diamètre du filtre : 82 mm 
  • Tropicalisation : oui 
  • Stabilisation : oui 
  • Accessoires fournis : pare-soleil en bimatière et collier de pied compatible Arca Swiss 
  • Compatible téléconvertisseur : non
  • Prix : 1 499 €   

Une construction et une ergonomie irréprochables  

Son premier atout, c’est bien évidemment sa compacité. Contrairement au Sony 200-600, vous allez pouvoir le stocker facilement dans n’importe quel sac à dos. 

En plus, rien ne manque au niveau de la construction : 

  • Bague de zoom 
  • Bague de mise au point 
  • Mécanisme Flex Lock qui permet de tirer sur la bague de zoom pour verrouiller n’importe quelle focale (le problème, c’est que je me suis souvent retrouvé à activer cette fonction sans le vouloir) 
  • Bouton limitateur de plage AF 
  • Switch AF/MF 
  • Bouton avec les 3 modes de stabilisation (mode 1 pour activer la stabilisation au moment de la photo, mode 2 pour les filés, mode 3 pour stabiliser la visée et apporter plus de confort durant le cadrage)

Sachez simplement que le positionnement des bagues est inversé. La bague de zoom se situe en bout d’objectif et elle est assez dure (il faut vraiment une forte pression pour pouvoir changer la focale). En vidéo, ce n’est pas l’idéal puisque vous risquez de faire trembler l’objectif. Quant à la bague de mise au point, elle est collée au pied de l’objectif. Le plus simple, c’est de la manipuler avec le pouce. Elle est précise et agréable à utiliser. 

Avec tout ça, c’est presque un sans-faute au niveau de la construction et de l’ergonomie ! 

Un choix de focale judicieux de la part de Tamron 

Cet objectif succède au Tamron 150-600, mais avec une plage focale plus limitée. Selon moi, Tamron a fait un très bon choix ! Je vous explique. 

Un excellent compromis 

Le positionnement de Tamron est hyper malin. Ils ont décidé de faire un compromis et de vous proposer l’alternative parfaite entre un 100-400 et un 150-600. 

Vous avez exactement le même encombrement qu’un Sony 100-400 GM, sauf qu’ici vous avez une plage focale supplémentaire qui va jusqu’à 500 mm. L’ouverture à f5.6 est en plus la même que chez Sony. 

Petite astuce : l’ouverture affichée dépend du réglage que vous avez dans les menus. 

Si vous sélectionnez des demis stops dans le menu, vous allez avoir une ouverture à f/5.6. Mais si vous affichez des tiers de stop, votre ouverture sera à f/6.3. C’est un peu bizarre, mais il faut le savoir ! 

Un angle de vue pas si différent 

Finalement, la différence entre 600 mm et 500 mm n’est que de 0,9°. C’est vraiment marginal ! Il suffit d’un petit crop pour recadrer la photo comme si vous l’aviez prise à 600 mm. Et d’ailleurs, il faut bien se rendre compte que la différence est plus importante entre 400 mm et 500 mm qu’entre 500 mm et 600 mm. 

Un atout non négligeable pour le Tamron : la proxy-macro 

Lorsque vous êtes à 150 mm avec le Tamron, vous pouvez faire la mise au point à 0,6 m. Et avec ça, vous faites de la proxy-macro ! C’est ce qui rend l’objectif beaucoup plus polyvalent qu’un 200-600 mm dont la distance minimale de mise au point est de 2,4 m. Mine de rien, c’est une grosse différence. Vous allez pouvoir faire des gros plans sur des fleurs ou des insectes, chose que vous ne pourriez absolument pas faire avec le Sony 200-600 mm. 

Test du Tamron 150-500 mm f5-6.7 sur le terrain 

Passons maintenant au cœur du sujet ! À chaque fois qu’un constructeur me permet de participer au lancement de son objectif, je l’emmène partout avec moi pour le confronter à toutes les situations : parc animalier, circuit de moto, vols d’oiseaux, paysage, portrait… J’essaye de tout couvrir pour vous offrir le test le plus fiable possible. 

Je vous mets également à disposition les fichiers RAW de ce test pour que vous puissiez comparer et analyser vous-même les résultats. L’avantage du format RAW, c’est qu’il n’y a aucune triche possible. C’est brut de capteur !

Analyse du piqué 

Comme vous pouvez le voir sur ces quelques exemples, le piqué est toujours au rendez-vous. En zoomant dans l’image, la qualité des détails est juste impressionnante ! 

Certaines images manquent un peu de contraste. Ce Tamron n’est pas l’objectif le plus contrasté que j’ai eu entre les mains.

La montée en ISO 

ISO 1600 en plein jour

Il n’y a quasiment aucune photo prise à ISO 100, tout simplement parce que c’est impossible sur ce genre d’objectif. Avec une ouverture à f6.3, on photographie des sujets qui demandent souvent une vitesse d’obturation assez rapide. Alors forcément, on atteint rapidement ISO 800 ou ISO 1 000. Le bokeh va donc diminuer légèrement, mais c’est l’une des particularités de ces longues focales. Rien d’anormal ! 

L’homogénéité 

À 500 mm, j’ai trouvé l’homogénéité amplement suffisante (peut-être même un cran supérieure au Sony 200-600, mais ça, on le verra dans le comparatif en fin d’article). 

L’autofocus 

Sur ce genre d’objectif, la réactivité de l’AF doit être au rendez-vous. J’ai voulu m’en assurer en le testant dans différentes situations. Résultat ? Il ne m’a jamais lâché. Que ce soit sur des oiseaux en plein vol, sur un circuit moto ou sur des enfants qui bougent dans tous les sens, la mise au point est presque tout le temps réussie. 

Alors ce n’est évidemment pas le meilleur autofocus du marché, mais c’est plus que suffisant ! Je dirais que le taux de réussite est à 75 % avec ce Tamron 150-500 mm, contre 90 % sur les téléobjectifs Sony. 

Autre précision : il n’est pas capable de tenir la rafale de 30 i/s du Sony A1. Mais aucune des marques tierces n’y arrive pour l’instant ! Il n’y a que les objectifs Sony qui savent faire une rafale aussi rapide. 

Pour moi, ça fait très bien l’affaire et vous n’aurez aucun problème sur tous les boîtiers grand public comme le A7III, A7R III ou le A7R IV. 

Le mode vidéo 

C’est un vrai plaisir de tourner des plans vidéos avec ce Tamron ! Je vous invite d’ailleurs à regarder le début de la vidéo du test pour vous faire une idée. 

L’autofocus est réactif, il n’y a aucun phénomène de pompage, la stabilisation fonctionne bien, l’objectif est compatible avec les fonctions Sony qui permettent de contrôler la vitesse de mise au point, il est parafocale… Bref, il a tout ce qu’il faut pour des vidéos réussies ! 

La stabilisation en photo

J’ai voulu comparer la stabilisation à main levée avec le Sony 200-600, et je dois dire que la différence est assez notable. Le Tamron a clairement l’avantage ! 

Avec les deux objectifs à 500 mm, pleine ouverture, 1/50e de seconde et 2 rafales de 100 photos, voici les résultats obtenus : 

  • 35 % de photos réussies sur le Tamron 
  • 6 % sur le Sony 200-600 

C’est assez cohérent avec ce que j’ai trouvé en vidéo. Tamron met clairement une claque à Sony au niveau de la stabilisation !

Les défauts optiques 

Sur ce Tamron 150-500, tous les défauts optiques sont bien gérés : 

  • La distorsion en coussinet est présente, mais elle se corrige très facilement avec les profils de correction intégrés (sur les JPEG, vous ne la verrez pas puisqu’elle est corrigée automatiquement) ; 
  • Le vignettage est faible à toutes les focales ; 
  • Le flare n’est pas présent, même sur des plans vidéos face au soleil ; 
  • Les aberrations chromatiques sont très difficiles à trouver. 

Confrontation avec la concurrence 

Maintenant, voyons comment il se débrouille face aux téléobjectifs Sony. 

Tamron 150-500 vs Sony 100-400 GM 

Sur ces images, il n’y a aucune différence d’exposition. Le bokeh est peut-être légèrement plus doux sur le 100-400 GM, mais c’est tout ce qu’on peut remarquer. 

J’ai toujours eu l’impression que ma copie du Sony 100-400 GM n’était pas au top puisque je n’ai pas le piqué fabuleux que certains décrivent. Le Tamron est donc largement supérieur au Sony 100-400. 

Concernant le rapport de reproduction, le Tamron et le Sony ont un ratio assez similaire. La seule différence, c’est que le Tamron va vous proposer de la proxy-macro à 150 mm, alors que c’est possible seulement à 100 mm avec le Sony. Et faire des gros plans à 100 mm, c’est plus compliqué pour cadrer à cause de la petite profondeur de champ. 

Il vaut mieux faire de la proxy à 150 mm comme le propose le Tamron. Encore une fois, c’est donc le Tamron qui remporte la manche ! 

Le problème, c’est que le Sony 100-400 coûte presque le double du Tamron. J’ai donc du mal à trouver dans quels cas je pourrais vous recommander ce Sony. Alors certes, il est plus léger et vous offre une focale de 100 mm au lieu de 150 mm, mais vous allez le payer beaucoup plus cher et vous n’aurez pas la focale de 500 mm…

Pour moi, le choix est vite fait ! 

Tamron 150-500 vs Sony 200-600 GM 

Avec ce Sony, le comparatif est beaucoup plus ardu pour le Tamron. 

La différence de focale est-elle vraiment perceptible ? 

500 mm

600 mm

Sur ces images, on voit bien qu’il y a quand même une petite différence entre 500 et 600 mm. Mais en cropant l’image, c’est beaucoup moins visible. 

150 mm

200 mm

En revanche, c’est le Tamron qui reprend l’avantage quand on compare la focale de 150 et 200 mm. 

Qui a le meilleur piqué ?  

Très difficile de les départager, même en multipliant les confrontations à 500 mm. Il faut vraiment zoomer à 400 % sur des capteurs ultra haute résolution pour voir la différence entre les deux objectifs. Toutefois, le Sony offre des photos un peu plus contrastées avec un bokeh légèrement plus doux. C’est vraiment la seule différence que j’aie réussi à voir ! 

Le deal-breaker du Sony FE 200-600 mm GM 

Le plus gros inconvénient de ce Sony, c’est son encombrement. Et pourtant, il a plein d’atouts : 

  • C’est lui qui a le meilleur piqué ; 
  • Il donne accès à la focale de 600 mm ; 
  • Le zoom interne est plus pratique en vidéo ; 
  • Le bokeh est plus doux ; 
  • Il est compatible avec des téléconvertisseurs ; 
  • L’autofocus est infaillible avec sa rafale de 30 i/s. 

Bref, il y a vraiment plein de raisons de privilégier ce Sony 200-600 mm. Mais au quotidien, je ne prends jamais le mien parce qu’il est vraiment trop imposant. Il m’oblige à prendre un sac à dos beaucoup plus grand et je n’ai pas de filtres de 95 mm (une taille non standard). 

On ne peut pas tout avoir ! 

Le bilan du test du Tamron 150-500mm f5-6.7

Avec ce téléobjectif 150-500mm, le positionnement de Tamron est très malin. Ils vous proposent un compromis parfaitement acceptable : réduire l’encombrement et le poids tout en vous offrant une qualité optique et un autofocus qui restent excellents. 

Ce Tamron 150-500 va certainement devenir la solution par défaut du grand public. Pour moi, c’est vraiment le choix le plus malin ! Et pour les professionnels qui ne veulent faire absolument aucun compromis, il y a toujours l’option du Sony FE 200-600 mm qui reste la référence chez Sony. 

Celui qui souffre le plus de la sortie de ce Tamron, c’est finalement le Sony 100-400 GM. Il coûte plus du double et j’ai du mal à trouver des arguments en sa faveur… 

Alors, est-ce vous validez les choix de Tamron ? Donnez-moi votre avis en commentaire ! Et pour encore plus d’infos et d’actus dans l’univers Sony, n’hésitez pas à rejoindre ma communauté sur le groupe Facebook Sony Entraide. 

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