La marque japonaise vient enfin de sortir un téléobjectif pour les hybrides Sony, et ça dépote ! Très attendu, ce Sigma 150-600 mm f5-6.3 est disponible en monture E chez Sony et monture L (Lumix, Leica et Panasonic). Que ce soit auprès des amateurs d’animaliers ou de photographie de sport, il va faire des heureux. Caractéristiques, prix, réactivité de l’autofocus, qualité d’image, bokeh… Je vous donne mon avis dans ce test complet du Sigma 150-600 mm f5-6.3 DG DN Sports. 

Les caractéristiques du Sigma 150-600 mm f5-6.3 DG DN Sports 

Commençons par la fiche technique de ce super-zoom : 

  • Type de monture : Sony FE 
  • Dimensions : 93 mm x 209,6 mm (diamètre x longueur) 
  • Poids : 2,1 kg avec collier de pied
  • Ouverture maximale : f/5-6.3 
  • Ouverture minimale : f/22-29
  • Diaphragme : circulaire de 9 lamelles 
  • Construction optique : 25 éléments répartis en 15 groupes 
  • Rapport de reproduction : 1:2,9 
  • Distance de mise au point minimale : 58 cm à 150mm et 280 cm à 600 mm. 
  • Diamètre du filtre : 95 mm 
  • Tropicalisation : oui 
  • Stabilisation : oui 
  • Pare-soleil : fournis dans la boîte (avec protection pare-soleil et collier de pied) 
  • Compatibilité téléconvertisseurs : uniquement en monture L 
  • Prix : 1 399 €

Une construction haut de gamme 

Dès la prise en main, on se rend compte qu’il s’agit d’un objectif haut de gamme. Il respire la qualité ! Conçu entièrement en métal, l’ensemble est bien usiné. Il y a même une protection en tissu qui est offerte pour le pare-soleil. Une petite attention de la part de Sigma qui fait plaisir 😉

Contenu de la boîte 

Dans la boîte du Sigma 150-600 mm, vous retrouverez tout un tas d’accessoires utiles : 

  • L’objectif, bien évidemment 
  • Le capuchon d’objectif 
  • Le pare-soleil
  • La protection du pare-soleil 
  • Le collier de pied compatible ARCA-SWISS 
  • Une sacoche de transport suffisamment grande avec bandoulière 
  • Une seconde bandoulière à accrocher sur l’objectif 

Bref, c’est vraiment du full package fourni par Sigma ! 

Présentation de l’objectif 

Esthétiquement parlant, il n’y a rien à reprocher à ce Sigma. Il est juste magnifique ! En plus, aucun bouton ne manque : 

  • Switch AF/MF ; 
  • Réglage du mode stabilisation ; 
  • Limitateur de plage AF (pour limiter la zone de travail ou accélérer la mise au point) ;
  • Switch personnalisable (sauf en monture Sony à cause de la licence que Sony accorde à Sigma) ;
  • Bouton programmable en 3 exemplaires sur différentes positions pour l’avoir bien en main ; 
  • Bouton pour verrouiller l’objectif à 150 mm et éviter que le zoom ne se déplie tout seul. 

Tout y est ! Vous pouvez aussi choisir la résistance de la bague avec la positon T (« tight » qui veut dire « dur ») ou position S pour soft. Avec la position S, il faut peu d’efforts pour zoomer. 

Les mini défauts de construction 

Mais comme la perfection n’existe pas, il y a tout de même deux petits défauts que je voulais vous signaler : 

  1. Le zoom se déploie tout seul lorsqu’il a la tête en bas ; 
  2. Le collier de pied est un peu court et ne laisse pas beaucoup de place pour porter l’objectif. 

Prise en main du Sigma 150-600mm

Si c’est un problème pour vous, vous pouvez le remplacer par un collier de pied plus grand vendu à part par Sigma. Cela vous permettra de mieux tenir l’objectif en main. 

Test sur le terrain du Sigma 150-600mm f5-6.3 DG DN Sports

J’ai testé cet objectif durant de multiples sorties, que ce soit en photo ou en vidéo. Pour ce test du Sigma 150-600 mm, j’ai choisi le Sony A1 et son capteur de 50 Mpx. C’est aussi le boîtier ayant l’autofocus le plus exigeant. 

Avec un super-zoom comme celui-là, le piqué, l’homogénéité et le bokeh doivent être au rendez-vous. Je ne vais pas faire durer le suspense, cet objectif a largement dépassé mes attentes. Voici quelques images pour vous le prouver !  

Exemples de photos qu’il délivre 

L’homogénéité sur les plumes est impressionnante !

Comme vous pouvez le voir, c’est difficile de faire mieux ! Ce Sigma est qualitatif sur toute la plage focale. Dès 150 mm à pleine ouverture, le piqué est incroyable et il remplit parfaitement les 50 mpx ou 61 mpx d’un capteur haute résolution. 

Rien à dire non plus sur l’homogénéité, il n’y a quasiment aucune différence entre le centre de l’image et les côtés. On peut compter tous les détails sur les plumes du flamant rose, c’est magnifique ! 

Quant au bokeh, il est parfait : pastel, crémeux, doux… Il met bien le sujet en valeur et on ne distingue pas l’arrière-plan. C’est tout ce qu’on attend d’un tel objectif. 

Les photos sont superbes, et je n’ai eu aucun regret de faire confiance à cet objectif pour ces sorties un peu particulières. Je ne voulais vraiment pas rater mes photos et la mission est remplie ! 

Analyse du piqué avec les mires 

Piqué à 300mm

Homogénéité sur les côtés.

Dès 150mm à pleine ouverture, on voit bien sur ces photos de mires qu’il n’y a aucun gain en fermant l’ouverture d’un stop. Le piqué est incroyable dès la pleine ouverture. Même chose pour l’homogénéité : elle reste très bonne dans les extrêmes. 

En milieu de zoom à 300mm, j’ai obtenu des résultats similaires. 

Piqué à 600 mm

À 600mm, le piqué reste excellent, mais légèrement un cran en dessous du résultat atteint à 150mm et 300mm. Sur un capteur standard de 40 Mpx, vous ne verrez pas la différence. En revanche, le capteur de 61 Mpx du Sony A7R IV n’est pas exploité à 100 %.

Finalement, le piqué diminue un peu à partir de f/11 et f/16. Mais de toute façon, c’est vraiment un objectif qui est fait pour être utilisé à pleine ouverture, alors ce n’est pas vraiment un problème ! 

Performances de l’autofocus

Un objectif dédié à la photographie animalière se doit d’avoir un autofocus irréprochable. Et ça tombe bien, je l’ai mis à contribution dans des situations extrêmes pour voir ce qu’il avait dans le ventre. Résultat ? C’est excellent, sans être 100 % parfait. Je vous montre. 

Mais attention, sachez qu’avec un 150-600mm, vous faites très peu de photos à ISO 100 ou ISO 400. La majorité des photos faites en plein jour sont prises à ISO 800 comme vous êtes obligé d’avoir des vitesses d’obturation assez élevées pour des sujets rapides. 

Prenons l’exemple de cette mouette. Sur une rafale de 60 i/s avec le Sony A1 (un boîtier à l’AF très exigeant), j’ai suivi la mouette en plein vol jusqu’à ce qu’elle se pose. Au total, 74 % des photos sont nettes, et 26 % sont hors focus. 

J’ai refait les mêmes tests avec un boîtier plus standard et j’ai obtenu un taux de réussite autour des 90 %. En fait, j’ai l’impression que le moteur AF est capable de délivrer en moyenne 12 i/s. Dès que vous allez au-delà, les limites sont atteintes. Mais pour moi, c’est amplement suffisant pour la plupart des photographes. 

Et quand vous zoomez dans l’image, les détails sont toujours aussi présents (même si l’oiseau volait très vite). 

Ce qui m’a impressionné, c’est la vitesse d’accroche. À la seconde où vous appuyez sur le déclencheur, le focus se fait instantanément. Aucun bruit, aucun délai, et hop, c’est réussi ! Un gros point fort. 

À retenir sur l’autofocus : les résultats sont excellents, même sur des sujets extrêmes. Il n’y a qu’avec un boîtier de type Sony A1 ou A9 qu’on arrive à pousser l’objectif dans ses limites si le sujet est vraiment trop rapide. Mais c’est normal, et c’est d’ailleurs le but de ces tests ! 

Utilisation en vidéo

Même en vidéo, ce Sigma ne m’a pas déçu. La stabilisation est efficace, aussi bien pour le confort de visée que pour les résultats obtenus à main levée. Il n’y a pas de focus-breathing, l’objectif est parafocal et l’autofocus est 100 % silencieux. Un sans faute !  

Le bokeh

Inutile de s’éterniser sur le bokeh, vous avez vu sur les premières images du test qu’il est parfait. Très doux et pas trop distrayant, il fait son job ! Les billes de bokeh sont bien rondes au centre, un peu moins sur les côtés. Encore une fois, le Sigma 150-600 mm remplit sa mission haut la main. 

Les défauts optiques

Ils sont tous très bien maîtrisés : 

  • Aberrations chromatiques : même en travaillant en ombre chinoise avec une luminosité extrême en arrière-plan, il n’y a pas d’aberrations chromatiques. Il faut zoomer à 800 % dans l’image pour voir à peine 2 pixels d’aberrations. C’est vraiment minime, donc aucun problème sur ce point. 
  • Vignettage : le niveau est minimal. 
  • Flare : quasiment absent, même en shootant face au soleil. J’ai juste observé une légère perte de contraste, mais pas de flare pur ! 

La résistance aux défauts optiques est donc excellente, encore un point fort pour ce super-zoom. 

À retenir sur le test du Sigma 150-600mm f5-6.3 DG DN Sports

La monture Sony possède enfin un téléobjectif 150-600 mm qui déchire ! Il n’y a quasiment aucun compromis à faire et les performances sont au rendez-vous. Vous pouvez investir les yeux fermés, vous ne regretterez pas votre achat. 

Et si la concurrence vous intéresse, sachez qu’il y a trois solutions comparables (mais tout de même différentes) : 

  • Le Tamron 150-500 mm avec une focale plus petite pour réduire le poids et l’encombrement ; 
  • Le Sony FE 200-600 mm qui s’adresse plutôt aux professionnels ; 
  • Et le vrai 150-600 mm de chez Sigma ! 

Pour vous aider à choisir, le comparatif vous attend.

Et si vous craquez pour ce Sigma 150-600 mm, voici un petit lien affilié pour soutenir mon travail. En attendant, rejoignez-nous sur la communauté d’entraide Sony sur Facebook pour y retrouver plein de conseils et d’actus sur l’univers Sony.