Les objectifs 24-70 mm ou 28-70 mm sont légion en monture Sony. Sigma possède déjà un excellent 24-70 mm f2.8 DG DN ART, mais le constructeur a décidé qu’il était temps d’affronter le très populaire Tamron 28-75 mm f2.8. Le petit dernier de chez Sigma va-t-il s’imposer comme la nouvelle référence en monture Sony ? Découvrez dès maintenant le test du Sigma 28-70 mm DG DN, un objectif qui pourrait bien vous surprendre ! 

 

Les caractéristiques du Sigma 28-70mm f2.8 DG DN 

Conçu comme un véritable objectif haut de gamme, ce Sigma a tout d’un grand : revêtement mat, bouton switch AF/MF, compacité et légèreté, etc. Son défi, c’est d’éviter d’avoir les mêmes défauts que le Tamron 28-75 mm. Pari réussi ? Commençons par voir ce qu’il vaut sur le papier avec sa fiche technique : 

  • Type de monture : Sony E 
  • Dimensions : 72,2 x 101,5 mm (diamètre x longueur lorsqu’il est replié) 
  • Poids : 470 g seulement 
  • Construction optique : 16 éléments répartis en 12 groupes dont 3 lentilles asphériques, 2 éléments en verre SLD et 2 éléments FLD 
  • Diaphragme : 9 lamelles circulaires 
  • Ouverture maximale : f/2.8
  • Ouverture minimale : f/22
  • Rapport de reproduction : 0,30 x en grand angle et 0,22 x en téléobjectif 
  • Distance de mise au point minimale : 19 cm en grand angle et 38 cm avec le téléobjectif 
  • Diamètre du filtre : 67 mm 
  • Tropicalisation : non, uniquement un seul joint présent sur la baïonnette 
  • Stabilisation : non 
  • Pare-soleil : inclus 
  • Prix : 849 € (je vous laisse un petit lien affilié pour soutenir mon travail) 

Quel est l’intérêt d’un nouvel objectif 28-70 mm ? 

Si vous n’avez pas raté mon guide d’achat des 24-70 mm en monture Sony, vous savez que je recommande les yeux fermés le Sigma 24-70 f2.8 DG DN. Cet objectif reste pour moi une référence, celui que j’utilise à longueur d’année.
Mais dans le monde de la photo, impossible d’ignorer qu’il y a une véritable guerre entre le micro 4/3, l’APS-C et le plein format. Tous les constructeurs ne veulent qu’une chose : offrir l’objectif plein format le plus compact. 

Avec ce 28-70mm f2.8 DG DN, Sigma vient concurrencer l’objectif le plus vendu en 2019 : le Tamron 28-75 mm f2.8. Ce format de compacité séduit de plus en plus les photographes qui utilisent le plein format, et Sigma a bien compris le potentiel de ce marché. Alors même si ça peut surprendre que le constructeur décide de lancer un objectif si proche de l’excellent Sigma 24-70 f2.8, je pense que c’est logique dès lors qu’on regarde la tendance du marché. 

À quoi sert une focale de 28-70 mm ? 

Cette plage focale c’est finalement un compromis de 4 mm par rapport à un 24-70 mm classique. Ça peut vous sembler très peu, mais la différence est réellement visible sur le terrain. Pour un photographe de paysage, le manque de grand-angle est assez frustrant. 

Dans ce cas-là, il vaut mieux compléter le 28-70 mm avec une optique complémentaire dédiée au paysage de type 16-35 mm ou 15-24 mm. 

Mais est-ce que c’est vraiment gênant de ne pas avoir la focale de 24 mm en paysage ? Pour ma part, je ne trouve pas. Finalement, que ça soit à 24 ou 28mm, ce sera toujours insuffisant pour de la photo de paysage. Rien ne vaut une optique ultra grand-angle ! Et si vous ne l’avez pas, vous pouvez toujours faire un panorama de photos que vous assemblez dans Lightroom. 

Pour faire simple, un objectif 28-70mm s’utilise comme un couteau suisse hyper polyvalent. 

Le test complet du Sigma 28-70 mm f2.8 DG DN 

J’ai réalisé ce test avec le nouveau Sony A1, un vrai petit bijou. Pour juger les performances de ce Sigma, quoi de mieux que de le mettre à l’épreuve avec l’appareil le plus haut de gamme lancé par Sony ? 

Le type d’images qu’il délivre 

À 70mm f2.8, 2500 ISO

Que ce soit en intérieur ou en extérieur, la grande ouverture à f2/8 permet d’éviter de trop monter dans les ISO. 

Grâce à la mise au point à partir de 19 cm, vous pouvez faire de gros plans intéressants. 

J’ai joué avec la stabilisation du boîtier en allant dans une église où il fait très sombre. Un capteur stabilisé associé à une grande ouverture permet d’éviter de monter dans les ISO. Même en étant à 1/13e de seconde, je suis resté à ISO 1000 grâce à l’ouverture f2.8. 

Quel que soit le type de scène que je lui demandais, cet objectif ne m’a pas lâché. Il fait vraiment son rôle de couteau suisse qui passe en un instant de la photo de portrait à la photo de paysage, sans jamais avoir besoin de changer d’objectif. 

Ce Sigma offre un joli sunstar, très classique en monture Sony. 

Analyse du piqué 

À 28mm

À 28mm au centre, le piqué est net dès la pleine ouverture (et même en étant sur un capteur de 50 Mpx). La différence entre f2.8 et f4 est insignifiante puisque le piqué est à son niveau maximum. 

L’homogénéité est plutôt bonne, les extrêmes et les côtés se comportent très bien. Et en photo de paysage, c’est primordial. À f/5.6 ou f/8, on a besoin que les côtés soient 100 % homogènes. Pari réussi ! Quel que soit l’endroit où vous regardez dans l’image, le piqué fourmille de détails. Une belle surprise pour moi, d’autant plus que le Tamron 28-75 mm manquait clairement d’homogénéité. 

À 45mm 

En milieu de zoom, il n’y a rien de particulier à signaler. Le piqué est hyper net au centre dès la pleine ouverture et les côtés sont homogènes. 

À 70mm 

En bout de zoom, le piqué au centre est toujours très bon. Il y a toutefois une légère amélioration entre f/2.8 et f/4. Les côtés sont toujours qualitatifs, mais moins homogènes que sur les premières focales (en tout cas sur les photos de mire). 

Le piqué sans les photos de mire 

C’est très important de le rappeler, mais les photos de mire ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Il faut parfois apprendre à s’en méfier. Pourquoi ? Tout simplement parce que le piqué des objectifs varie en fonction de la distance de mise au point.
Par exemple, en étant à 28 mm sur une photo de mire, votre distance de mise au point sera d’environ 60cm. Alors que sur de la photo de paysage, vous allez plutôt photographier une scène à 200 m. Le résultat ne sera donc pas du tout le même ! 

La qualité optique de cet objectif m’a agréablement surpris, autant par sa capacité à remplir un capteur de 50 Mpx que par son homogénéité à toutes les focales. 

Le bokeh 

Avec cet objectif, vous êtes vraiment sur le bokeh qui se fait le mieux en monture Sony. Très doux et diffus, avec des billes de bokeh bien rondes au centre… C’est tout ce qu’on attend pour obtenir une belle séparation des plans ! Il y a simplement un peu d’onion-ring, mais c’est très similaire à ce que propose le Sigma 24-70 mm f2.8 DG DN. 

L’autofocus 

J’ai testé la réactivité de l’autofocus avec le Sony A1 et sa rafale de 15 i/s. Le résultat est sans appel : toutes les photos sont nettes avec un piqué superbe. L’autofocus fait parfaitement son boulot, il n’y a vraiment rien à lui reprocher ! 

Les défauts optiques 

Le flare n’est pas un problème sur ce Sigma 28-70 mm f2.8. Même en le testant sur des levers de soleil, je n’ai pas réussi à en trouver. 

Au niveau de la distorsion, il faut savoir qu’il y en a (comme sur tous les objectifs 28-70 mm). À 28 mm, c’est une distorsion en barillet assez importante, à la limite de la distorsion en moustache, l’une des plus difficiles à corriger. Il va falloir attendre que des profils de correction sortent pour avoir une correction parfaite en post-traitement.
Mais rassurez-vous, cette distorsion dépend vraiment du type de photos que vous allez faire. En milieu de zoom, il y aura seulement une distorsion en barillet qui se corrige facilement. À 70 mm, elle est bien plus prononcée, mais aucun problème pour la corriger ! Si vous faites du JPEG, elle sera néanmoins corrigée automatiquement et vous ne la verrez pas. 

Exemple de distorsion à 70 mm

J’ai également remarqué quelques aberrations chromatiques avec des franges pourpres, notamment à contre-jour. Quant au vignettage, il est présent et disparaît à f/4. 

Un objectif aussi performant en photo qu’en vidéo 

Si vous aimez faire de la vidéo, cet objectif sera parfait pour vous. L’autofocus fonctionne parfaitement, il est compatible avec toutes les nouvelles fonctions qui permettent une transition de l’AF plus ou moins douce ou brutale. 

Autres avantages non négligeables : c’est un objectif parafocale qui n’a pas de focus briefing. La mise au point est donc conservée quand vous zoomez et les transitions de mise au point sont beaucoup plus agréables sans focus briefing. En bref, ce Sigma est le compagnon idéal des vidéastes qui aiment autant faire de la photo que de la vidéo.

Le test du Sigma 28-70 mm f2.8 résumé en quelques mots 

Ce Sigma 28-70 mm f2.8 est une excellente surprise : très peu de compromis sont faits, l’homogénéité et l’autofocus sont irréprochables à toutes les focales, le piqué est qualitatif… Il n’y a vraiment rien à regretter par rapport au 24-70 mm f2.8. Pour moi, c’est un objectif qui va rapidement devenir une référence sur le marché et qui ne va plus quitter votre sac ! Il n’y a plus qu’à attendre sa sortie prévue pour mi-mars 😉 

Alors, est-ce qu’il vous fait envie ce nouvel objectif Sigma ? Dites-moi tout ça en commentaire, ça intéresse toute la communauté ! Et pour encore plus d’entraide et de partage autour des hybrides Sony, n’hésitez pas à nous rejoindre sur le groupe Facebook Sony Entraide.