Encore une fois, Sony frappe fort avec sa focale fixe ultra grand-angle ! Paysage, immobilier, voie lactée, soleil en étoile… Cet objectif peut tout faire. En plus d’être léger et compact, c’est aussi le meilleur dans tous les domaines. Que des qualités pour un seul défaut, voici le test du Sony FE 14mm f1.8 GM. 

 

Les caractéristiques du Sony 14 mm f1.8 GM 

Fiche technique

  • Type de monture : Sony E 
  • Dimensions : 99,8 x 83 mm (longueur x diamètre)
  • Poids : 460 g 
  • Ouverture maximale : f/1.8
  • Ouverture minimale : f/16
  • Construction optique : 14 éléments répartis en 11 groupes dont 2 lentilles XA (asphériques extrêmes), 2 lentilles ED et une lentille Super ED
  • Rapport de reproduction : 0,1 x 
  • Distance de mise au point minimale : 0,25 m 
  • Diamètre du filtre : incompatible à cause de la lentille avant bombée 
  • Tropicalisation : oui 
  • Stabilisation : non 
  • Pare-soleil : fourni avec protège-objectif avant/arrière, housse souple, bandoulières et gabarit pour filtres gélatine
  • Prix : 1 599 €

Présentation physique 

Vous êtes habitués aux objectifs ultra grand-angle imposant et lourd ? Eh bien pas cette fois ! Sony a innové en proposant un 14mm 1.8 lumineux aussi petit qu’un objectif APS-C. Par rapport au Sigma 14mm f1.8, la différence de poids et d’encombrement est flagrante. 

Autre détail important : la lentille frontale est bombée. Impossible donc de visser des filtres. Mais rassurez-vous, un emplacement est prévu pour mettre des filtres à l’arrière. 

Pour le reste, on est sur un objectif de la gamme GM donc il y a tout ce qu’il faut : bagues de mise au point, boutons… Tout y est ! 

À quoi sert une focale de 14 mm ? 

Une focale de 14 mm, c’est assez particulier. Mais ce n’est pas pour rien que c’est la focale préférée de nombreux photographes professionnels ! En effet, elle permet de travailler avec un angle de 114 ° ultra large et de laisser libre cours à sa créativité. 

Ses usages de prédilection ? L’immobilier pour agrandir les pièces, le paysage, les voies lactées, le soleil en étoile… Bref, une focale polyvalente et originale ! Encore faut-il qu’elle soit réussie, et ça, c’est moins évident sur un 14mm. 

Test du Sony 14mm f1.8 GM sur le terrain 

Tester un objectif, ce n’est pas toujours de tout repos. C’est le cas avec ce 14mm, tout simplement parce qu’il ne rentre pas dans les cases habituelles. C’est d’ailleurs pour ça que les tests en labo ne sont pas aussi fiables sur ce type d’objectif. Il vaut mieux partir à l’aventure et le tester dans des conditions réelles. Et ça tombe bien, c’est ce que j’ai fait 😉 

Exemple de photos 

Pose longue sans avoir besoin d’un filtre de 150 mm

Le 14mm est un objectif très agréable qui permet de jouer avec l’avant plan tout en gardant une profondeur de champ qui reste quasiment toujours à l’infini. Quel que soit le sujet, il apporte un regard rafraîchissant en déformant complètement les perspectives. 

Photos de mire 

Plutôt qu’une photo de mire traditionnelle en labo, j’ai choisi une mire adaptée à ce type d’objectif. Eh oui, avec du 14mm, il faut de la profondeur de champ et une mise au point à l’infini. Ce n’est pas du tout un objectif optimisé pour des scènes d’homogénéité avec une distance minimale de mise au point. 

J’ai donc opté pour cette scène-là : 

Le verdict est sans appel : le piqué est incroyable au centre dès la pleine ouverture. L’image fourmille de détails et il n’y a aucune amélioration à attendre en fermant l’objectif tellement la qualité est au rendez-vous. Difficile de faire mieux ! 

Pour être homogène, cet objectif a besoin d’une bonne distance de mise au point. Alors évidemment, ce n’est pas parfait à f1.8. Mais à partir de f4, c’est excellent. 

Bref, ce Sony 14mm f1.8 GM offre vraiment une prestation très haut de gamme. Sur ce type de focale, c’est ce que j’ai vu de mieux ! 

Autofocus 

Ce n’est pas vraiment le genre d’objectif qui s’utilise pour son autofocus, mais il tient quand même la route ! Je l’ai testé sur un circuit moto, et je n’ai pas eu un seul déchet. 

Toutes les photos de la rafale sont nettes. Que ce soit le rendu des couleurs, le piqué, la netteté ou le nombre de détails, il n’y a rien à lui reprocher. 

En photo ou en vidéo, vous n’aurez donc aucun problème d’AF. Comme il n’y a pas de pompage et qu’il est 100 % silencieux, c’est aussi très bien pour du VLOG.

Bokeh 

Dans les tests en labo, il y a une catégorie qui oblige à tester le bokeh sur du portrait, même avec un 14mm. Vous vous en doutez, je ne l’ai pas fait sur du portrait ! 

Pour un 14mm, je m’attendais à ce type de rendu. Avoir un beau bokeh bien crémeux n’est pas vraiment le but de ce genre d’objectif, alors c’est amplement suffisant ! D’ailleurs, il n’a que 9 lamelles au niveau du diaphragme. Ça montre bien que Sony n’a pas voulu mettre le paquet sur le bokeh, mais plutôt se concentrer sur d’autres composants. 

Rapport de grossissement 

Le rapport de grossissement de 0,1x permet de faire la mise au point à 25 cm. Vous pouvez donc obtenir ce type de rendu et faire le focus sur un petit bourdon (même avec un 14mm !). 

Sunstar 

Comment reconnaître un beau sunstar ? Le centre doit être le plus petit possible, la perte de contraste entre les rayons doit être minime, les rayons sont longs et il n’y a pas de franges chromatiques de toutes les couleurs. 

Alors si vous cherchez à faire des photos avec un soleil en étoile, c’est cet objectif qui donne les meilleurs résultats en monture Sony. 

Défauts optiques 

Flare 

Sachez que vous aurez pas mal de flare sur cette optique, surtout à f5.6 et f8 à cause de la lentille bombée qui donne des reflets internes. À f1.8 et f2, le niveau est plus correct. 

Distorsion 

En revanche, la distorsion est très bien maîtrisée. C’est une distorsion en barillet à peine visible, qui se corrige très facilement. D’ailleurs, c’est mieux que sur le 12-24mm qui est à la limite de la distorsion en moustache. 

Mais attention, il faut bien comprendre que sur ce genre d’objectif, la distorsion change selon la distance de mise au point. Et ça, ce n’est pas toujours pris en compte dans les tests en labo ! 

Vignettage 

Très peu de vignettage sur ce 14mm f1.8 GM. 

Aberrations chromatiques 

Pour les aberrations chromatiques, c’est la même chose : il n’y en a quasiment pas. 

Focus-breathing 

Sur les derniers objectifs GM, le focus-breathing est assez présent. Mais sur ce Sony 14mm f1.8 GM, il y en a moins que sur les autres. 

Comparaison avec le Sigma 14mm f1.8 

Dans ce test, j’en ai profité pour le comparer avec son concurrent : le Sigma 14mm f1.8. Voyons ce que ça donne avec le capteur de 61 Mpx du Sony A7R IV. 

Piqué 

Au centre, le Sony a vraiment un truc en plus : contraste, netteté, rendu des couleurs… Il a une belle longueur d’avance ! 

Homogénéité 

Le Sony est également plus homogène que le Sigma qui est devenu assez mou sur les côtés. 

Et par rapport au Sony 12-24mm f2.8 GM ? 

À f2.8, j’ai aussi inclus le Sony 12-24mm f2.8 GM. Il est d’ailleurs très difficile de le distinguer du 14mm 1.8 GM. Il n’y a que le Sigma qui est en retrait. Et c’est là tout le miracle de ce 14mm : réussir à offrir une homogénéité équivalente au 12-24, tout en pesant uniquement 450 grammes. 

Le meilleur objectif pour faire de l’astrophotographie 

Vous allez être très nombreux à acheter cet objectif pour faire des voies lactées. Et vous avez raison ! Il n’y a pas de coma, pas d’aberrations chromatiques, de wings ou d’astigmatisme. C’est vraiment le top. 

Comparaison avec le Sigma 14 mm f1.8 

Pour mieux s’en rendre compte, il faut regarder ce qu’il vaut par rapport à la concurrence (le Sigma notamment). 

Dès que vous zoomez à 100 %, les étoiles sur le Sigma sont un peu plus grosses et attirent beaucoup plus l’attention à cause de l’aberration chromatique bleutée. Rien que ça, ça peut faire la différence ! Les côtés restent aussi très propres sur le Sony. 

Pour faire simple, c’est le Sony 14mm f1.8 GM qui offre le meilleur rendu d’étoiles. Et tous objectifs confondus s’il vous plaît ! Jusqu’à présent, c’était le Sigma 14mm f2.4 qui était exceptionnel, mais il vient de se faire devancer. 

Comparaison avec le Sony 12-24mm

f/2.8

Par rapport au FE 12-24mm GM, les résultats sont très comparables. 

Comment faire des poses longues facilement avec cet objectif ? 

En travaillant avec ce genre d’optique, vous allez souvent être amené à faire de la pose longue. Mais ce qui est embêtant, c’est d’avoir un porte-filtre et un filtre de 150 mm. Heureusement, il existe des solutions ! 

1 – Utiliser des filtres à l’arrière de l’objectif 

Haida a créé des filtres qui se mettent derrière l’objectif. C’est une bonne solution, mais il va vous falloir des kits de filtres adaptés pour chaque objectif. 

2 – Mettre un filtre ND devant le capteur 

Sinon, la solution universelle, c’est d’utiliser un filtre ND devant son capteur. C’est ce que je préfère ! Simple et rapide à faire, vous pouvez les mettre ou les enlever dans n’importe quelle situation. 

Le seul inconvénient, c’est qu’il faut renoncer aux filtres gradués. Pour les filtres polarisants, il faudra passer par un porte-filtre. 

Test du Sony 14mm f1.8 GM : le bilan 

Finalement, ce Sony n’a que des qualités : 

  • compact ;
  • léger ;
  • autofocus parfait ;
  • sunstar incroyable ; 
  • meilleur objectif en astrophotographie ; 
  • absence de distorsion (très rare pour un 14 mm !) ; 
  • peu de vignettage. 

Son seul défaut, c’est la présence de flare. Sans ça, on est vraiment sur un objectif 100 % parfait. Le magnifique Sigma 14mm 1.8 est maintenant dépassé dans tous les domaines !

Et vous, est-ce que ça vous fait rêver ce genre d’optique ? Si vous décidez de craquer, je vous conseille toujours de passer par Digit-photos où j’achète toujours mon propre matériel. Ce lien affilié vous permet en plus de soutenir facilement mon travail, sans que ça change rien au prix de l’objectif pour vous. 

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